Bruit d'ascenseur : ce qu'il faut savoir sur l'étude acoustique
Un ascenseur mal désolidarisé, mal réglé ou implanté contre des pièces sensibles peut devenir une source de gêne sonore dans un bâtiment. Une étude acoustique permet d'identifier l'origine des bruits et de définir les solutions adaptées, en conception comme en diagnostic.
Table des Matières
- Étude acoustique d'ascenseur : tout comprendre en 5 points clés
- Comprendre la nature des nuisances sonores d'un ascenseur
- Quelle réglementation acoustique pour les bruits d'ascenseurs ?
- Comment se déroule une étude acoustique d'un ascenseur ?
- Quelles solutions techniques pour maîtriser le bruit d'un ascenseur ?
- En conclusion
Étude acoustique d'ascenseur : tout comprendre en 5 points clés
Quels sont les niveaux sonores réglementaires pour un ascenseur ?
Comment se transmet le bruit d'un ascenseur ?
Que faire lorsqu'un ascenseur est déjà trop bruyant ?
Comment réduire le bruit d'un ascenseur ?
Combien coûte une étude acoustique pour un ascenseur bruyant ?Comprendre la nature des nuisances sonores d'un ascenseur
L'ascenseur est un équipement incontournable des immeubles d'habitation collectifs, des hôtels, des établissements de santé ou de bureaux. Pourtant, il cumule plusieurs sources de bruit : fonctionnement de la machine, circulation de la cabine le long des guides, claquements des portes palières, groupe hydraulique pour certaines technologies, arrêts et démarrages aux étages.
Les origines des nuisances acoustiques et vibratoires d'un ascenseur peuvent être multiples
Quelle réglementation acoustique pour les bruits d'ascenseurs ?
Les nuisances sonores des ascenseurs sont encadrées par plusieurs textes selon le type de bâtiment. Commençons par le plus répandu, celui qui s'applique aux logements neufs.Bâtiments d'habitation neufs : l'arrêté du 30 juin 1999
Le cadre de référence est l'arrêté du 30 juin 1999 relatif aux caractéristiques acoustiques des bâtiments d'habitation (nouvelle réglementation acoustique, NRA). Il s'applique aux bâtiments dont le permis de construire a été déposé à compter du 1er janvier 2000. Il fixe un niveau de pression acoustique normalisé à ne pas dépasser, dans des conditions normales de fonctionnement, pour les bruits engendrés par les équipements collectifs : ascenseurs, chaufferies, transformateurs, suppresseurs d'eau, vide-ordures, etc.| Type de pièce | Niveau de pression acoustique normalisé max. |
|---|---|
| Pièce principale (séjour, chambre) | 30 dB(A) |
| Cuisine | 35 dB(A) |
Bâtiments d'habitation anciens
Pour les logements collectifs construits à partir du 15 juin 1969, une réglementation acoustique encadre déjà le bruit des équipements du bâtiment. L’arrêté du 14 juin 1969, modifié par celui du 22 décembre 1975, fixe notamment à 30 dB(A) le niveau de pression acoustique normalisé à ne pas dépasser dans les pièces principales du logement pour un équipement collectif tel qu’un ascenseur. Cette exigence est portée à 38 dB(A) dans les cuisines à partir de 1975. La réglementation évolue ensuite avec l’arrêté du 28 octobre 1994, qui maintient une limite de 30 dB(A) dans les pièces principales et 35 dB(A) dans les cuisines pour les équipements collectifs, dont les ascenseurs. Ces dispositions sont reprises par la réglementation de 1999.
De nombreux immeubles haussmanniens ont intégré des ascenseurs bien après leur construction, sans prendre en compte le confort acoustique des occupants
Autres typologies de bâtiments : l'arrêté du 25 avril 2003
Pour les bâtiments autres que d'habitation, trois arrêtés du 25 avril 2003, accompagnés d'une circulaire d'application, fixent des exigences acoustiques propres aux hôtels, aux établissements de santé et aux établissements d'enseignement. Ils s'appliquent aux projets neufs, ainsi qu'aux surélévations et aux additions à des bâtiments existants :- Hôtels : le bruit engendré dans les chambres par un équipement du bâtiment, collectif ou individuel, ne doit pas dépasser 30 dB(A), dans des conditions normales de fonctionnement.
- Établissements de santé : le bruit transmis par un équipement collectif du bâtiment est limité à 35 dB(A) dans les salles d'examens et de consultations, les bureaux médicaux et soignants et les salles d'attente, et à 40 dB(A) dans les locaux de soins, les salles d'opérations, d'obstétrique et de travail. Dans les locaux d'hébergement, la limite est de 30 dB(A) pour un équipement du bâtiment extérieur au local.
- Établissements d'enseignement : dans les écoles, bibliothèques, centres de documentation, salles de repos et salles de musique, le bruit d'un équipement du bâtiment ne doit pas dépasser 33 dB(A) s'il fonctionne de manière continue, et 38 dB(A) s'il fonctionne de manière intermittente.
Ces trois arrêtés ne visent pas les bureaux et autres locaux tertiaires, où les exigences sont le plus souvent contractuelles (programme, cahier des charges, certification volontaire).
Comment se déroule une étude acoustique d'un ascenseur ?
Que ce soit en phase conception (étude prévisionnelle) ou en diagnostic correctif sur un ouvrage existant, l'étude suit une démarche structurée :- Analyse du dossier technique. L'acousticien examine les plans, le type d'ascenseur (à câbles, hydraulique), l'emplacement de la machinerie et de la gaine, les pièces qui les jouxtent et les caractéristiques de l'équipement.
- Mesures acoustiques in situ ou simulation prévisionnelle. En diagnostic, des mesures de bruit résiduel (ascenseur à l'arrêt) puis de bruit ambiant (ascenseur en fonctionnement : montées, descentes, ouvertures et fermetures de portes, arrêts aux étages) sont réalisées dans les pièces les plus exposées. En conception, une modélisation prévisionnelle est menée à partir des équipements envisagés.
Mesures acoustiques réalisées dans une chambre et au sein d'un local technique hébergeant un moteur d'ascenseur
- Identification des sources et des voies de transmission. Il s'agit de distinguer le bruit aérien du bruit solidien transmis par la machine, les guides, les fixations ou le groupe hydraulique.
- Comparaison aux exigences réglementaires et contractuelles. Les niveaux mesurés ou calculés sont confrontés à l'arrêté du 30 juin 1999 ou aux exigences propres au projet.
- Élaboration de préconisations correctives. L'acousticien propose des solutions hiérarchisées, en tenant compte des contraintes techniques et de coût, en coordination avec l'ascensoriste.
- Contrôle de réception. Une nouvelle campagne de mesures après travaux vérifie l'efficacité des corrections.
Quelles solutions techniques pour maîtriser le bruit d'un ascenseur ?
Plusieurs leviers, souvent combinés, permettent de traiter durablement les nuisances :- Implantation raisonnée dès la conception : éviter d'accoler la gaine et la machinerie aux pièces principales et aux chambres.
- Désolidarisation de la machine : plots ou supports antivibratiles pour limiter la transmission de vibrations à la structure.
À gauche : moteur monté sur résilient ; à droite : platine support du moteur désolidarisée de l'installation
- Traitement du local de machinerie : parois isolantes, matériaux absorbants, porte adaptée.
- Fixation des guides : supports limitant la transmission des vibrations de la cabine à la structure.
À gauche : étriers posés sans résilient particulier ; à droite : mise en place d'un résilient sur les ancrages traversants de la suspension de câble
- Réglage et traitement des portes palières : limiter les claquements et frottements aux étages.
- Groupe hydraulique, le cas échéant : suspension de l'ensemble et raccordements souples.
- Maintenance régulière : guidage usé, jeux, réglages et usure des composants augmentent le bruit avec le temps.

