Bruit d'ascenseur : ce qu'il faut savoir sur l'étude acoustique

Un ascenseur mal désolidarisé, mal réglé ou implanté contre des pièces sensibles peut devenir une source de gêne sonore dans un bâtiment. Une étude acoustique permet d'identifier l'origine des bruits et de définir les solutions adaptées, en conception comme en diagnostic.

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Table des Matières

Étude acoustique d'ascenseur : tout comprendre en 5 points clés

Vous souhaitez aller à l'essentiel ? VENATHEC répond aux cinq questions les plus fréquentes sur les nuisances sonores d'ascenseur. Vous pouvez également contacter un acousticien VENATHEC pour bénéficier d'un chiffrage sous 48h !

deploy Quels sont les niveaux sonores réglementaires pour un ascenseur ?
Dans les bâtiments d'habitation neufs, l'arrêté du 30 juin 1999 limite le bruit des équipements collectifs, ascenseurs compris, à 30 dB(A) dans les pièces principales et 35 dB(A) dans les cuisines.
deploy Comment se transmet le bruit d'un ascenseur ?
Le bruit se propage par l'air et par la structure aux occupants du bâtiment : logements voisins de la gaine ou de la machinerie, bureaux, chambres d'hôtel, salles de soins ou de classe selon le projet.
deploy Que faire lorsqu'un ascenseur est déjà trop bruyant ?
Un diagnostic acoustique identifie les sources (machine, guides, portes, groupe hydraulique) et leurs voies de transmission. L'acousticien propose des corrections hiérarchisées, puis vérifie leur efficacité par des mesures après travaux.
deploy Comment réduire le bruit d'un ascenseur ?
Plusieurs actions se combinent : désolidarisation de la machine, traitement du local technique, fixation adaptée des guides, réglage des portes palières, implantation réfléchie de la gaine et maintenance régulière.
deploy Combien coûte une étude acoustique pour un ascenseur bruyant ?
Une étude acoustique d'ascenseur démarre généralement aux alentours de 1500 ou 2000 €, mais ce montant peut varier significativement en fonction de la complexité du projet, du nombre de locaux impactés, etc. N'hésitez pas à contacter un acousticien VENATHEC pour bénéficier d'un devis gratuit sous 48h.

Comprendre la nature des nuisances sonores d'un ascenseur

L'ascenseur est un équipement incontournable des immeubles d'habitation collectifs, des hôtels, des établissements de santé ou de bureaux. Pourtant, il cumule plusieurs sources de bruit : fonctionnement de la machine, circulation de la cabine le long des guides, claquements des portes palières, groupe hydraulique pour certaines technologies, arrêts et démarrages aux étages.

nuisances sonores ascenseur

Les origines des nuisances acoustiques et vibratoires d'un ascenseur peuvent être multiples


Ces bruits sont d'autant plus perceptibles qu'ils sont intermittents, qu'ils se transmettent par la structure du bâtiment et que la gaine ou la machinerie se trouve parfois contre une pièce principale. Ces désordres, souvent découverts après la réception des travaux, peuvent générer des litiges entre maître d'ouvrage, installateur, gestionnaire de l'immeuble et occupants. Une étude acoustique dédiée, réalisée en amont ou en diagnostic correctif, permet d'anticiper ces problèmes et d'y apporter des solutions adaptées.

Quelle réglementation acoustique pour les bruits d'ascenseurs ?

Les nuisances sonores des ascenseurs sont encadrées par plusieurs textes selon le type de bâtiment. Commençons par le plus répandu, celui qui s'applique aux logements neufs.

Bâtiments d'habitation neufs : l'arrêté du 30 juin 1999

Le cadre de référence est l'arrêté du 30 juin 1999 relatif aux caractéristiques acoustiques des bâtiments d'habitation (nouvelle réglementation acoustique, NRA). Il s'applique aux bâtiments dont le permis de construire a été déposé à compter du 1er janvier 2000. Il fixe un niveau de pression acoustique normalisé à ne pas dépasser, dans des conditions normales de fonctionnement, pour les bruits engendrés par les équipements collectifs : ascenseurs, chaufferies, transformateurs, suppresseurs d'eau, vide-ordures, etc.

Niveaux de pression acoustique maximaux admis pour les installations techniques (arrêté du 30 juin 1999) :
Type de pièce Niveau de pression acoustique
normalisé max.
Pièce principale (séjour, chambre) 30 dB(A)
Cuisine 35 dB(A)
La jurisprudence admet une tolérance de 3 dB(A) pour tenir compte des incertitudes de mesure. Ces seuils s'appliquent au bruit reçu dans le logement, et non à la puissance acoustique de l'ascenseur annoncée par le fabricant : c'est la combinaison du choix de l'équipement, de sa mise en œuvre et de l'isolation du bâtiment qui détermine le résultat perçu par l'occupant.

Bâtiments d'habitation anciens

Pour les logements collectifs construits à partir du 15 juin 1969, une réglementation acoustique encadre déjà le bruit des équipements du bâtiment. L’arrêté du 14 juin 1969, modifié par celui du 22 décembre 1975, fixe notamment à 30 dB(A) le niveau de pression acoustique normalisé à ne pas dépasser dans les pièces principales du logement pour un équipement collectif tel qu’un ascenseur. Cette exigence est portée à 38 dB(A) dans les cuisines à partir de 1975. La réglementation évolue ensuite avec l’arrêté du 28 octobre 1994, qui maintient une limite de 30 dB(A) dans les pièces principales et 35 dB(A) dans les cuisines pour les équipements collectifs, dont les ascenseurs. Ces dispositions sont reprises par la réglementation de 1999.

bruit ascenseur ancien

De nombreux immeubles haussmanniens ont intégré des ascenseurs bien après leur construction, sans prendre en compte le confort acoustique des occupants


Pour les immeubles construits avant le 1er juillet 1970, la situation est différente : le Conseil national du bruit souligne que les recherches de textes applicables à ces bâtiments donnent peu de résultats. Des dispositions peuvent toutefois résulter du règlement sanitaire départemental, notamment en cas d’adjonction ou de transformation d’un équipement comme un ascenseur.

Autres typologies de bâtiments : l'arrêté du 25 avril 2003

Pour les bâtiments autres que d'habitation, trois arrêtés du 25 avril 2003, accompagnés d'une circulaire d'application, fixent des exigences acoustiques propres aux hôtels, aux établissements de santé et aux établissements d'enseignement. Ils s'appliquent aux projets neufs, ainsi qu'aux surélévations et aux additions à des bâtiments existants :
  • Hôtels : le bruit engendré dans les chambres par un équipement du bâtiment, collectif ou individuel, ne doit pas dépasser 30 dB(A), dans des conditions normales de fonctionnement.
  • Établissements de santé : le bruit transmis par un équipement collectif du bâtiment est limité à 35 dB(A) dans les salles d'examens et de consultations, les bureaux médicaux et soignants et les salles d'attente, et à 40 dB(A) dans les locaux de soins, les salles d'opérations, d'obstétrique et de travail. Dans les locaux d'hébergement, la limite est de 30 dB(A) pour un équipement du bâtiment extérieur au local.
  • Établissements d'enseignement : dans les écoles, bibliothèques, centres de documentation, salles de repos et salles de musique, le bruit d'un équipement du bâtiment ne doit pas dépasser 33 dB(A) s'il fonctionne de manière continue, et 38 dB(A) s'il fonctionne de manière intermittente.

Ces trois arrêtés ne visent pas les bureaux et autres locaux tertiaires, où les exigences sont le plus souvent contractuelles (programme, cahier des charges, certification volontaire).

Comment se déroule une étude acoustique d'un ascenseur ?

Que ce soit en phase conception (étude prévisionnelle) ou en diagnostic correctif sur un ouvrage existant, l'étude suit une démarche structurée :
  • Analyse du dossier technique. L'acousticien examine les plans, le type d'ascenseur (à câbles, hydraulique), l'emplacement de la machinerie et de la gaine, les pièces qui les jouxtent et les caractéristiques de l'équipement.
  • Mesures acoustiques in situ ou simulation prévisionnelle. En diagnostic, des mesures de bruit résiduel (ascenseur à l'arrêt) puis de bruit ambiant (ascenseur en fonctionnement : montées, descentes, ouvertures et fermetures de portes, arrêts aux étages) sont réalisées dans les pièces les plus exposées. En conception, une modélisation prévisionnelle est menée à partir des équipements envisagés.

mesures acoustiques ascenseur

Mesures acoustiques réalisées dans une chambre et au sein d'un local technique hébergeant un moteur d'ascenseur


  • Identification des sources et des voies de transmission. Il s'agit de distinguer le bruit aérien du bruit solidien transmis par la machine, les guides, les fixations ou le groupe hydraulique.
  • Comparaison aux exigences réglementaires et contractuelles. Les niveaux mesurés ou calculés sont confrontés à l'arrêté du 30 juin 1999 ou aux exigences propres au projet.
  • Élaboration de préconisations correctives. L'acousticien propose des solutions hiérarchisées, en tenant compte des contraintes techniques et de coût, en coordination avec l'ascensoriste.
  • Contrôle de réception. Une nouvelle campagne de mesures après travaux vérifie l'efficacité des corrections.

Quelles solutions techniques pour maîtriser le bruit d'un ascenseur ?

Plusieurs leviers, souvent combinés, permettent de traiter durablement les nuisances :
  • Implantation raisonnée dès la conception : éviter d'accoler la gaine et la machinerie aux pièces principales et aux chambres.
  • Désolidarisation de la machine : plots ou supports antivibratiles pour limiter la transmission de vibrations à la structure.

traitement acoustique ascenseur

À gauche : moteur monté sur résilient ; à droite : platine support du moteur désolidarisée de l'installation


  • Traitement du local de machinerie : parois isolantes, matériaux absorbants, porte adaptée.
  • Fixation des guides : supports limitant la transmission des vibrations de la cabine à la structure.

traitement acoustique ascenseur vibratoire

À gauche : étriers posés sans résilient particulier ; à droite : mise en place d'un résilient sur les ancrages traversants de la suspension de câble


  • Réglage et traitement des portes palières : limiter les claquements et frottements aux étages.
  • Groupe hydraulique, le cas échéant : suspension de l'ensemble et raccordements souples.
  • Maintenance régulière : guidage usé, jeux, réglages et usure des composants augmentent le bruit avec le temps.

En conclusion

Le traitement acoustique d'un ascenseur ne se résume pas au choix d'un équipement silencieux sur catalogue : c'est une problématique globale, qui engage l'implantation, la qualité de la mise en œuvre et l'isolation du bâtiment receveur. Anticiper cette dimension dès la conception évite des reprises coûteuses après réception et sécurise le respect des exigences. En cas de doute ou de désordre constaté, une étude acoustique dédiée reste l'outil le plus fiable pour objectiver la situation et proposer des solutions correctives adaptées.


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