Étude acoustique open space, salle de réunion, bureau : améliorer le confort des espaces de travail
Dans les salles de réunion, open spaces et bureaux, une bonne isolation acoustique garantit confort, confidentialité et productivité. Voici les clés pour y parvenir.
Table des Matières
Tout comprendre sur l'étude acoustique des salles de réunion et open spaces en 5 points clés
Pourquoi l'isolation acoustique est-elle importante en open space ?
Quelles normes guider une isolation acoustique de bureau ?
Comment se déroule une étude acoustique pour bureaux ?
Quelles solutions techniques améliorent l'isolation acoustique ?
Le masquage sonore est-il une solution efficace pour open space ?Pourquoi isoler acoustiquement un espace de travail ?
Dans les environnements professionnels, qu’il s’agisse de bureaux individuels, de salles de réunion ou de plateaux ouverts, le confort acoustique joue un rôle déterminant sur la qualité de vie au travail, la productivité et la confidentialité des échanges. Un openspace trop bruyant, une salle de réunion mal isolée ou un bureau où les conversations des voisins sont audibles peuvent rapidement devenir des sources de gêne, de fatigue ou de perte de concentration.

Les nuisances sonores à prendre en compte sont variées :
- Les bruits extérieurs : circulation routière, chantiers à proximité, etc,
- Les bruits intérieurs : conversations dans les bureaux voisins, équipements techniques (CVC, imprimantes, etc.), appels téléphoniques, etc.
- L’isolation acoustique vise donc un objectif clair : Limiter la propagation du bruit entre les espaces (notamment entre bureaux, open spaces et salles de réunion) afin de créer des environnements propices à la concentration, au travail d’équipe ou à la confidentialité en fonction des usages spécifiques de chaque zone.
Existe-t-il une réglementation acoustique spécifique aux bureaux, open spaces et salles de réunion ?
Contrairement aux logements ou aux établissements recevant du public, il n’existe pas de réglementation acoustique obligatoire pour le confort acoustique au sein des bâtiments de bureaux. Toutefois, la référence en matière de confort acoustique dans les bureaux sont les normes NF S31-080 (Acoustique – Bureaux et espaces associés – Niveaux et critères de performances acoustiques par type d’espace) et ISO 22955 (Acoustique — Qualité acoustique des espaces de bureaux ouverts).
La norme NF S31-080
Cette norme est largement utilisée par les maîtres d’ouvrage, promoteurs, architectes et bureaux d’études pour guider la conception acoustique des espaces de travail. Elle définit des objectifs de performance acoustique selon le type d'espace (bureau individuel, bureau collectif, espaces ouverts, plateaux à aménager, salle de réunion et formation, espace détente, restaurant et circulation), et trois niveaux de qualité :
- Niveau "courant" : adapté aux environnements peu exigeants ou avec peu d’occupation simultanée. Il limite les nuisances sonores les plus gênantes sans aller vers un confort optimal.
- Niveau "performant" : il offre un bon confort acoustique dans la plupart des situations de bureau, avec un bon compromis entre coût et performance. C’est souvent ce niveau qui est retenu comme objectif de base dans les projets récents.
- Niveau "très performant" : recommandé pour les espaces à forte exigence de concentration ou de confidentialité, comme les bureaux de direction, les salles de réunion sensibles ou les zones proches d’un environnement bruyant.
La norme ISO 22955
La norme ISO 22955 vise à améliorer le confort acoustique dans les bureaux ouverts (open spaces) en proposant des recommandations adaptées aux différents types d’activités qui s’y déroulent. Son objectif principal est de limiter la gêne sonore tout en assurant une bonne intelligibilité des échanges pour favoriser la concentration, la collaboration, le bien-être et la productivité des utilisateurs. Elle définit des indicateurs acoustiques précis et des valeurs cibles à respecter, pour guider l’aménagement et la conception des espaces, qu’ils soient neufs ou en rénovation.
Les autres normes et référentiels acoustiques applicables aux bureaux
En complément de la norme NF S31-080, plusieurs référentiels environnementaux ou de qualité de vie au travail intègrent des exigences acoustiques, souvent de manière transversale. Ils ne sont pas obligatoires, mais leur intégration valorise fortement les projets tertiaires, en particulier dans les appels d’offres ou les démarches de certification.
HQE (Haute Qualité Environnementale)
Le référentiel HQE intègre l’acoustique comme un aspect essentiel du confort intérieur des bureaux. Il propose une classification en classes de A à F qui évalue la qualité acoustique selon des critères tels que l’isolation aux bruits aériens, le niveau sonore ambiant, la réverbération et la confidentialité des échanges.
BREEAM (Building Research Establishment Environmental Assessment Method)
Le référentiel britannique BREEAM comprend un volet "Hea 05 - Acoustic performance", qui impose des performances acoustiques spécifiques :
- Isolation entre zones de travail,
- Bruits des équipements maîtrisés,
- Traitement acoustique adapté aux usages.
LEED (Leadership in Energy and Environmental Design)
La certification LEED, d’origine américaine, traite également de l’acoustique dans les espaces de travail dans le crédit "Acoustic Performance" :
- Réduction du bruit ambiant,
- Intelligibilité de la parole en open space,
- Isolement entre locaux.
WELL Building Standard
Le label WELL met l’humain au centre du bâtiment. Il inclut un chapitre spécifique à l’acoustique ("Comfort – Sound"), avec des exigences sur :
- La réduction du bruit extérieur,
- Le confort sonore intérieur (bruit ambiant, matériaux absorbants, open space),
- La confidentialité acoustique dans les salles de réunion ou les bureaux fermés.
Projet de bureau : le déroulement d'une étude acoustique
Pour garantir un bon confort acoustique dans des bureaux, open spaces ou salles de réunion, il est fortement recommandé de faire appel à un bureau d’études acoustiques dès la phase de conception du projet. Son rôle est d’anticiper les problématiques sonores et de proposer des solutions adaptées, en cohérence avec les autres lots techniques et architecturaux.
Analyse du programme et des usages
- Compréhension des besoins spécifiques : présence d’open spaces, exigences de confidentialité, zones de réception ou de détente, etc.
- Définition des objectifs de performance (souvent sur la base des normes NF S31-080, ISO 22955 ou d’un référentiel environnemental).
Lecture des plans et premières préconisations
- Réflexion sur la densité dans les bureaux ouverts, réflexion sur l’agencement des services et mobilier,
- Étude de l’implantation des bureaux, des matériaux prévus, des cloisons, des menuiseries, etc,
- Identification des points sensibles : mitoyennetés, équipements techniques, etc.
Modélisation acoustique
- En amont de la modélisation, des mesures d’état initial peuvent être réalisées pour connaître l’ambiance sonore de la zone du projet, évaluer les besoins d’isolement des façades, voire recommander une orientation ou un agencement particuliers,
- Simulation des isolements entre locaux, du bruit d’équipements,
- Choix et dimensionnement des matériaux selon les performances visées.

Exemple de modélisation d'un espace de bureaux réalisée par VENATHEC
Préconisations détaillées
- Rédaction d’un rapport de synthèse ou d’une note de prescription acoustique : aménagement, cloisons, mobiliers, parois séparatives, portes, vitrages, traitement des plafonds, sol, etc,
- Conseils pour la mise en œuvre et le respect des objectifs dans le suivi du chantier.
Vérifications in situ
- Mesures de contrôle (isolement, bruit d’équipement, temps de réverbération),
- Ajustements éventuels selon les résultats obtenus.
Enfin, précisons également qu’une bonne communication avec l’architecte et les différents BET (notamment thermiques/fluides) est essentielle à la réussite de l’étude acoustique.
Les solutions techniques
L'acousticien dispose de divers moyens permettant d'isoler phonétiquement un bureau ou encore réduire le bruit au sein d'un openspace. Cette partie aborde également le cas du masquage sonore, une solution qui fait débat.
Les solutions les plus communes
L’isolation acoustique d’un local repose sur plusieurs principes fondamentaux, qui doivent être adaptés au contexte et à l’usage du lieu :
- Augmenter la masse des parois (murs, cloisons, planchers, plafonds) : plus une paroi est lourde, plus elle freine la transmission des sons aériens. Toutefois, cette solution est souvent difficile à mettre en œuvre car beaucoup de bureaux ont recours à des cloisons modulaires, des faux plafonds filants ou des faux planchers qui limitent les performances possibles en termes d’isolement.
- Créer des doubles parois désolidarisées, constituées de deux parois séparées par un vide (souvent rempli de matériau absorbant) : ce système permet de piéger et d’atténuer les ondes sonores. C’est le principe de la « boîte dans la boîte », parfois utilisé dans les salles de réunion très sensibles.

Les îlots acoustiques suspendus, lorsqu'ils sont bien dimensionnés et positionnés, permettent de concilier design et confort acoustique
- Utiliser des matériaux absorbants (laine minérale, mousse acoustique, etc.) dans les cloisons, les faux plafonds ou les doublages. Ces matériaux absorbent l’énergie sonore et évitent la réverbération excessive dans les locaux.
- Soigner les points faibles : les portes (souvent responsables de fuites acoustiques), les vitrages, les joints périphériques, les passages de gaines ou les éléments de ventilation doivent faire l’objet d’un traitement spécifique pour garantir la continuité de l’isolation.

Un bureau présentant un traitement acoustique au niveau du plafond, des panneaux absorbants aux murs, et des séparateurs de postes absorbants
Les matériaux biosourcés
De plus en plus utilisés dans la construction durable, les matériaux biosourcés (chanvre, fibre de bois, ouate de cellulose, lin, etc.) présentent également de bonnes performances acoustiques. Utilisés en remplissage de cloison, dans les doublages ou en panneaux absorbants, ils permettent :
- Une absorption efficace des bruits aériens et de la réverbération,
- Une réduction de l’empreinte carbone des solutions mises en œuvre,
- Une réponse cohérente aux exigences des labels environnementaux (HQE, BREEAM, etc.).

Salle de conférence du SIAH de Bonneuil-en-France, et ses revêtements acoustiques muraux en bois
Le masquage sonore : bonne ou mauvaise idée ?
Le masquage acoustique est une technique consistant à diffuser un bruit de fond (bruit blanc ou rose) via des haut-parleurs pour diminuer l’intelligibilité des conversations dans les open spaces. Cette solution peut améliorer la sensation d’intimité sonore, mais son efficacité est limitée et contestée.

Le masquage sonore, une solution dont l'efficacité est contestée
Selon le CSTB (Guide Confort Acoustique dans les Bureaux, 2013) ainsi que l'INRS (Étude de terrain pour l’évaluation du masquage sonore en bureau ouvert, ICSV25) le masquage acoustique peut générer une pollution sonore supplémentaire et son acceptabilité varie selon les utilisateurs, pouvant provoquer gêne ou fatigue auditive. Cette technique doit donc être utilisée avec prudence, en complément d’un traitement acoustique global.
En conclusion
L’isolation acoustique dans les bureaux et open spaces est essentielle pour assurer le confort, la confidentialité et l’efficacité des collaborateurs. Le respect des normes, comme la NF S31-080 ou la récente ISO 22955 dédiée aux environnements ouverts, permet de définir des objectifs précis et adaptés aux usages. Combinée à une conception soignée et à une collaboration entre bureaux d’études, une approche globale garantit des espaces de travail à la fois performants et agréables à vivre. VENATHEC accompagne maîtres d’ouvrage et maîtres d’œuvre à chaque étape du projet pour intégrer pleinement l’acoustique et le confort sonore dans la conception et la réalisation des espaces.

