Étude d'impact acoustique des data centers : tout ce qu'il faut savoir
Quelle réglementation acoustique pour les data centers ? Quelles sont les sources de bruit ? Comment se déroule l'étude acoustique, et quelles solutions techniques ? Toutes les réponses à vos questions.
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Table des Matières
- Impact acoustique des data centers : tout comprendre en vidéo
- Data centers : un secteur en plein essor
- Quelles sont les principales sources de bruit des data centers ?
- Nuisances sonores des data centers : que dit la réglementation acoustique ?
- Data centers : comment se déroule une étude d’impact acoustique ?
- Nuisances acoustiques des data centers : quelles solutions existent ?
Impact acoustique des data centers : tout comprendre en vidéo
Vous souhaitez aller à l'essentiel ? VENATHEC répond aux 5 questions les plus fréquemment posées ci-dessous. Encore mieux ? Nous avons réalisé une vidéo de moins de 5 minutes qui répondra à toutes vos questions sur l'impact acoustique des data centers, et les solutions techniques permettant de maîtriser le bruit.
Quelles sont les principales sources de bruit d'un data center ?
Quelle réglementation acoustique doit respecter un data center en France ?
Comment se déroule une étude d'impact acoustique pour un data center ?
Quelles solutions acoustiques existent pour réduire le bruit d'un data center ?
Quel est le coût d'une étude acoustique d'un data center ?Data centers : un secteur en plein essor
En 2024, la France se positionne comme un acteur majeur dans le secteur des data centers, avec 315 centres de données répartis sur son territoire, la plaçant au 6ème rang mondial des pays hébergeant le plus de data centers. Le marché connaît une croissance significative grâce au développement de l’IA et du cloud, soutenue par des investissements massifs, comme les 4 milliards d'euros injectés par Microsoft en 2024 qui permettront à la multinationale américaine de renforcer sa présence dans l’IA en Europe. La région Île-de-France se distingue particulièrement, accueillant plus de 160 data centers, et le secteur s'oriente vers une optimisation de l'efficacité énergétique, intégrant des sources d'énergie renouvelable pour répondre aux défis environnementaux. Derrière ces chiffres impressionnants et des perspectives de développement favorables se cache néanmoins une réalité : les data centers produisent du bruit, et donc de potentielles nuisances sonores pour les riverains et l'environnement. Que dit la réglementation ? Quelles solutions existent ? VENATHEC vous explique.Quelles sont les principales sources de bruit des data centers ?
Les data centers génèrent du bruit principalement à partir de trois sources : les salles de serveur, les équipements installés à l’extérieur des bâtiments (souvent sur les toitures) et les équipements de secours type groupe électrogène.
- Les salles de serveurs abritent des racks de serveurs et des systèmes de climatisation, qui produisent un bruit constant à l’intérieur des bâtiments, principalement des moyennes et hautes fréquences, ce qui peut constituer une gêne significative pour le personnel travaillant sur place,
- Les équipements sur les toits, tels que les systèmes de refroidissement et de traitement de l'air, contribuent de manière significative aux nuisances sonores dans l’environnement. Les basses fréquences sont particulièrement problématiques, car elles se propagent plus facilement et sont plus difficiles à atténuer,
- Les équipements de secours type groupe électrogène, qui permettent aux installations de fonctionner en cas de coupure de courant. Ils sont généralement positionnés à l’intérieur des bâtiments, mais du bruit est rayonné au travers des grilles de ventilation et peuvent ainsi avoir un impact sonore sur l’environnement.

Exemple d'un aérocondenseur en toiture de bâtiment d'un data center de type medium office non ICPE
Nuisances sonores des data centers sur l’environnement : que dit la réglementation acoustique ?
En France, l’impact acoustique des data centers est soumis au Code de la Santé Publique, plus précisément le décret n°2006-1099 du 31 août 2006 relatif à la lutte contre le bruit de voisinage, qui fixe une émergence maximale à ne pas dépasser. L’émergence correspond à la différence entre le niveau sonore ambiant généré par les bruits perturbateurs et le niveau sonore résiduel mesuré sur le site (niveau sonore sans bruit perturbateur).
Le tableau ci-dessous précise les valeurs d’émergence sonore maximales en niveau global :
Le tableau ci-dessous précise les valeurs d’émergence sonore maximales en niveau global :
| Période diurne (7h - 22h) | Période nocturne (22h - 7h) | |
| Valeurs d'émergence sonore maximales en niveau global, pour une durée d'activité >8h | 5 dBA | 3 dBA |
Dans certains cas, l'Administration peut décider de classer un data center sous le régime des Installations Classées pour la Protection de l'Environnement (ICPE). En France, la réglementation des ICPE s’appuie également sur un critère d'émergence pour évaluer l'impact sonore d'une installation sur son environnement. Les valeurs limites d'émergence en France varient de 3 à 6 dB(A) selon la période de la journée et le niveau de bruit ambiant mesuré.
Niveau de bruit ambiant dans les zones à émergence réglementée | Période diurne (7h - 22h) Sauf dimanches & jours fériés | Période nocturne (22h - 7h) Sauf dimanches & jours fériés |
> 35 dBA et < 45 dBA | 6 dBA | 4 dBA |
> 45 dBA | 5 dBA | 3 dBA |
En outre, l'arrêté du 23 janvier 1997, relatif aux bruits émis par les ICPE, autorise les préfets à fixer des niveaux sonores à ne pas dépasser en limite de propriété : 70 dB(A) le jour et 60 dB(A) la nuit. Ces valeurs sont spécifiées dans l'arrête préfectoral d'autorisation et peuvent être inférieures à ces valeurs limites afin de protéger l'environnement.
| Période diurne (7h - 22h) Sauf dimanches & jours fériés | Période nocturne (22h - 7h) Sauf dimanches & jours fériés | |
| Niveau sonore limite admissible en limite de propriété | 70 dBA | 60 dBA |
Data centers : comment se déroule une étude d’impact acoustique ?
Dans le cadre d’une étude d’impact acoustique d’un data center, le rôle d’un bureau d’études acoustiques comme VENATHEC se compose de plusieurs étapes :
- Les mesures acoustiques sur site et en limite de propriété à différentes heures de la journée et de la nuit : elles permettent d’identifier les principales sources de bruit, à l’intérieur comme à l’extérieur du bâtiment,
- La réalisation d’un modèle 3D du site à l’aide d’un logiciel d’acoustique environnementale. Le but ici est de reproduire la réalité observée à partir des plans du bâtiments, mais aussi la nature du sol, la topologie du terrain, etc. L’ingénieur acousticien va ensuite alimenter son modèle 3D à partir des données d'émissions sonores des équipements techniques qui seront installés sur le site,
- La recherche de solutions techniques et les préconisations acoustiques : le modèle 3D permet d’identifier, caractériser et hiérarchiser les différentes sources de bruit incriminées. C’est lors de cette étape que l’acousticien va définir des solutions techniques et traitements acoustiques appropriés, en réalisant différents scénarii permettant d’atteindre les niveaux de bruit attendus par la réglementation.

Bien évidemment, l'acousticien proposera toujours des préconisations concrètes, rationnelles et pragmatiques à son client. Le respect des enjeux technico-économiques de l’exploitant du site constitue une priorité pour tous les acousticiens VENATHEC. Le client a également la possibilité de faire appel au bureau d'études acoustiques pour obtenir de l'aide dans la sélection des fournisseurs, assurer le suivi des travaux, et effectuer des mesures de réception afin de vérifier l'efficacité des solutions mises en œuvre.
Nuisances acoustiques des data centers : quelles solutions existent ?
Pour réduire l'impact acoustique des data centers, plusieurs solutions peuvent être mises en œuvre :
- Matériaux absorbants : utiliser des matériaux absorbants dans les salles de serveurs et dans les locaux groupes électrogène pour réduire la réverbération du bruit,
- Machines silencieuses : choisir des équipements plus silencieux et surdimensionnés pour permettre un fonctionnement à des vitesses de ventilation plus faibles,
- Isolation des façades : renforcer l'isolation acoustique des façades pour minimiser la propagation du bruit vers l'extérieur,
- Silencieux et écrans acoustiques : installer des silencieux et des écrans acoustiques sur les toits pour atténuer le bruit des systèmes de refroidissement. Des silencieux peuvent également être mis en oeuvre au niveau des grilles d'entrée et de rejet d'air des locaux groupes électrogènes.
- Découplage vibratoire : mettre en place un découplage vibratoire des machines pour éviter la transmission des vibrations aux structures du bâtiment.

Exemple de traitement acoustique sur des groupes froids à l'aide de coiffes acoustiques
En intégrant ces solutions dès la phase de conception et en adoptant une approche de gestion durable du bruit, les data centers peuvent réduire significativement leur impact acoustique et ainsi atteindre les niveaux de bruit attendus par la réglementation.
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