Parcs photovoltaïques & étude acoustique : on vous dit tout
Avec plus d'un million d'installations photovoltaïques en 2025, la France est le quatrième producteur d'énergie solaire en Europe. Les développeurs et exploitants font souvent face à des problématiques acoustiques spécifiques. Explications.
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Table des Matières
- Tout comprendre en 5 minutes chrono !
- Centrales solaires photovoltaïques : des développements en faveur de la transition énergétique
- Parcs photovoltaïques : quelles sont les principales sources de bruit ?
- La réglementation acoustique applicable aux parcs photovoltaïques
- Comment se déroule une étude d'impact acoustique d'un parc solaire photovoltaïque ?
- Parcs photovoltaïques : quelles solutions techniques pour réduire les nuisances sonores ?
Tout comprendre en 5 minutes chrono !
Vous souhaitez aller à l'essentiel ? Nous répondons aux 5 questions les plus fréquemment posées sur l'impact acoustique des parcs photovoltaïques. Vous pouvez également découvrir notre vidéo de moins de 5 minutes, qui répondra à toutes vos interrogations.
Quelles sources sonores d'un parc photovoltaïque peuvent impacter le voisinage ?
Quelle réglementation acoustique s'applique aux parcs solaires photovoltaïques ?
Quel est le coût d'une étude acoustique d'un parc photovoltaïque ?
Est-ce qu'une étude d'impact acoustique est obligatoire pour une centrale photovoltaïque ?
Quelles solutions acoustiques limitent le bruit d'un parc photovoltaïque ?Centrales solaires photovoltaïques : des développements en faveur de la transition énergétique
Ces dernières années, les parcs photovoltaïques se sont multipliés sur le territoire français. À la fin de l’année 2024, on recensait plus d'un million d'installations photovoltaïques en France, dont une part croissante de projets au sol, parfois de très grande envergure. Ces sites représentent aujourd'hui plus de 25 GW de puissance installée et contribuent significativement à la transition énergétique. Souvent perçues comme silencieuses, ces installations peuvent néanmoins générer des nuisances sonores, notamment via certains équipements techniques comme les onduleurs, transformateurs ou systèmes de ventilation. Ces émissions, bien que discrètes, peuvent devenir sensibles pour les riverains en milieu rural, dans des environnements particulièrement calmes. Dans cet article, nous revenons sur les sources de bruit associées aux installations photovoltaïques, les cadres réglementaires applicables et les solutions techniques possibles pour prévenir tout impact acoustique indésirable.
Parcs photovoltaïques : quelles sont les principales sources de bruit ?
Même si une centrale photovoltaïque peut sembler "silencieuse" de prime abord, elle n'est pas totalement muette. Deux équipements principaux sont à l’origine des émissions sonores : les onduleurs et les postes de transformation.
Les onduleurs ont pour rôle de convertir le courant continu produit par les panneaux solaires en courant alternatif injecté dans le réseau. Ils sont répartis sous les panneaux solaires.

Mesures acoustiques réalisées à proximité d'un onduleur
Les onduleurs produisent un bruit de fonctionnement généralement continu, souvent lié à :
- des composants électriques internes (bobines, condensateurs, etc.), qui peuvent émettre un bourdonnement ;
- et surtout aux systèmes de refroidissement intégrés (ventilation forcée), susceptibles de générer un souffle constant ou pulsé, voire des sifflements.
Et enfin autre source de bruit : Le poste de transformation. Il permet d’élever la tension pour injecter l’électricité sur le réseau. Cet équipement, hébergé au sein d’un local dédié comprenant un système de ventilation mécanique, peut générer un ronronnement basse fréquence, issu du fonctionnement du transformateur électrique et de la ventilation.
Un poste de transformation électrique situé à proximité d'une centrale solaire photovoltaïque
Le bruit est généralement :
- continu, 50 ou 100 Hz selon le type de transformateur ;
- localisé, mais perceptible à distance si le niveau sonore résiduel est relativement faible.
Même à de faibles niveaux, ces bruits peuvent être audibles dans des environnements particulièrement calmes, ce qui peut générer une gêne pour les riverains.
La réglementation acoustique applicable aux parcs photovoltaïques
L'impact acoustique des parcs photovoltaïques est soumis au Code de la Santé Publique, et notamment au décret n°2006-1099 du 31 août 2006 relatif à la lutte contre le bruit de voisinage. Ce texte repose sur la notion d’émergence sonore, qui correspond à la différence entre le niveau sonore ambiant et le niveau sonore résiduel mesuré. L’émergence correspond à la différence entre le niveau sonore ambiant généré par la somme des bruits perturbateurs et le bruit de l’environnement, et le niveau sonore résiduel mesuré sur le site avant l’implantation du projet, ou lorsque l’installation est à l’arrêt.
L'émergence acoustique
Le tableau ci-dessous précise les valeurs d'émergence sonore admissibles en niveau global :

Un parc photovoltaïque peut également être classé Installation Classée pour la Protection de l'Environnement (ICPE) par l'Administration dans certains cas :
- S'il intègre un système de stockage par batteries au-delà de certains seuils (ex : plus de 1 tonne de lithium ou d'électrolyte inflammable).
- S'il est associé à des installations électriques importantes, à des postes de transformation puissants ou à des activités annexes relevant elles-mêmes du régime ICPE.
- S'il est situé dans une zone sensible ou à proximité immédiate de sites classés.
La réglementation des ICPE s'appuie également sur un critère d'émergence pour évaluer l'impact sonore d'une installation sur son environnement. Les valeurs limites d'émergence en France varient de 3 à 6 dB(A) selon la période de la journée et le niveau de bruit ambiant mesuré.

En outre, l'arrêté du 23 janvier 1997, relatif aux bruits émis par les ICPE, autorise les préfets à fixer des niveaux sonores à ne pas dépasser en limite de propriété : 70 dB(A) le jour et 60 dB(A) la nuit. Ces valeurs sont spécifiées dans l'arrêté préfectoral d'autorisation et peuvent être inférieures à ces valeurs limites afin de protéger l'environnement.
Comment se déroule une étude d'impact acoustique d'un parc solaire photovoltaïque ?
Une étude d'impact acoustique d’un site photovoltaïque se déroule en plusieurs étapes :
- Les mesures acoustiques sur site et en limite de propriété à différentes heures de la journée : elles permettent de qualifier le niveau sonore résiduel avant-projet, ou lorsque l'installation est à l'arrêt,
- La réalisation d’un modèle 3D du site à l’aide d’un logiciel d’acoustique environnementale. Le but ici est de reproduire la réalité observée à partir des données fournies par l’exploitant du site, mais aussi la nature du sol, la topologie du terrain, etc. L’ingénieur acousticien va ensuite alimenter son modèle 3D à partir des données d'émissions sonores des équipements techniques installés sur le site,
- La recherche de solutions techniques et les préconisations acoustiques : le modèle 3D permet d'identifier, caractériser et hiérarchiser les différentes sources de bruit incriminées. C’est lors de cette étape que l’acousticien va définir des solutions techniques et traitements acoustiques appropriés.
À gauche : modélisation 3D d'un parc photovoltaïque ; à droite : carte d'ambiance sonore du même parc
Parcs photovoltaïques : quelles solutions techniques pour réduire les nuisances sonores ?
Une fois identifiées, les sources de bruit d’un parc photovoltaïque peuvent être efficacement maîtrisées grâce à plusieurs leviers techniques :
- La première action consiste à sélectionner un matériel peu émissif, par exemple des onduleurs à refroidissement passif ou des transformateurs à faible niveau sonore. Certains fabricants proposent aujourd’hui des équipements spécifiquement conçus pour répondre à des exigences acoustiques fortes.
- L’implantation du matériel joue également un rôle clé : éloigner les sources sonores des habitations, tirer parti du relief naturel ou de la végétation existante, et orienter les ouvertures de ventilation dans des directions non sensibles permet de limiter l’exposition acoustique.
- Lorsque cela ne suffit pas, il est possible de recourir à des écrans acoustiques ou des encoffrements insonorisés autour des équipements les plus bruyants. Ces dispositifs doivent être conçus avec soin pour assurer une bonne dissipation thermique tout en assurant une atténuation efficace du bruit.
Écrans acoustiques positionnés à proximité d'onduleurs
Enfin, une maintenance attentive est essentielle pour éviter les bruits parasites liés à l’usure des composants (ventilateurs défaillants, vibrations parasites) ou à des interventions mécaniques mal maîtrisées. L'acousticien, en synergie avec le concepteur, agit en garant de l'acceptabilité et de la pérennité du projet : une approche globale qui prévient les nuisances sonores et protège la viabilité économique de l'installation.
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